Cette victoire a de quoi satisfaire le sélectionneur olympique espagnol : le parcours est «idéal pour Valverde qui se défend très bien sur ce genre de parcours sélectifs», expliquait Paco Antequera en marge de la course. Il lui conviendra d'autant mieux s'il affiche la même forme que sur les routes basques. Valverde le disait d'ailleurs : «J'ai énormément d'espoir pour les Jeux. Chaque coureur de la sélection espagnole peut prétendre à une médaille, mais c'est clair que ce sera une loterie».
L'Espagnol a pourtant eu chaud. S'il n'avait pas eu la présence d'esprit (ou les jambes) pour vite revenir sur la quarantaine d'échappés partis au 55e kilomètre, il n'aurait peut-être pas bouclé le parcours. Car, la Clasica possède une règle étonnante : les organisateurs peuvent décider d'éliminer les coureurs pointant à plus de 20 minutes de la tête. C'est ainsi qu'à 50 kilomètres de l'arrivée, ils n'étaient plus que 46 coureurs en lice. L'ensemble du peloton n'aura donc pas vu la ligne d'arrivée.
La Française des Jeux piégée et hors-course
Comme prévu, l'échappé est parti dans les soixante premiers kilomètres. Le nombre de baroudeurs était lui plus surprenant, tout comme l'évolution de l'écart. Pendant plus de quarante kilomètres, les hommes de tête ne comptaient qu'une à deux minutes d'écart. Pas de quoi s'affoler pour le peloton donc. CSC, la Française des Jeux, Caisse d'Epargne restaient au complet bien au chaud. De ces trois formations, seule l'équipe tricolore s'est finalement laissée piéger. Alejandro Valverde, puis Andy Schleck (CSC), sentant que les échappés étaient en train de leur jouer un drôle de tour, revenaient sur le groupe. A une centaine de kilomètres de l'arrivée, le groupe de tête comptait 47 membres et plus aucune adhésion ne serait enregistrée.
Moncoutié tout près du bonheur
Le club des 47 allait se disputer la victoire. Parmi eux, les principaux favoris : Bettini, Yaroslav Popovych (Silence Lotto), Alberto Contador (Astana), Denis Menchov (Rabobank),... Réputé pour être le juge de paix de l'épreuve, l'ascension du col Alto de Jaizkibel, à 20 km, accouchait finalement d'une souris. L'Alto de Arkale, cinq bornes plus loin, ne permettait pas d'y voir plus clair. C'est dans les derniers hectomètres que le groupe volait en éclats, conséquence d'une attaque de David Moncoutié. Trop court, le Français ne terminait que 10e et Valverde pouvait savourer une victoire qui lui avait échappé de peu l'année dernière (3e). Cette victoire confirme l'excellente forme des coureurs espagnols, à quelques jours de l'épreuve olympique. Mais attention, les Italiens sont en embuscade.