Vainqueur de Nicolas Lapentti (7-6, 6-1) en quarts de finale du tournoi de Cincinnati, Rafael Nadal est désormais certain de détrôner Roger Federer en tant que n°1 mondial au mois d'août. La date précise va dépendre du reste de son parcours à Cincinnati. S'il gagne le trophée, dimanche, l'Espagnol atteindra le sommet de la hiérarchie ATP dès le lendemain.
Il ne pouvait plus en être autrement. Comme le laissaient augurer ses victoires à Roland-Garros puis Wimbledon, Rafael Nadal va s'installer sur le toit du monde. «C'est...Je ne sais pas. Je suis très heureux», a-t-il commenté à l'issue de sa victoire contre Lapentti, essayant de dominer ses émotions. La passation de pouvoir est toujours une question de temps, mais la notion est désormais beaucoup moins vague : le Majorquin attendra au maximum deux semaines (18 août) pour s'emparer du trône. Le calcul est compliqué, puisqu'il se base sur les points que va perdre Roger Federer à cause de ses éliminations à Toronto et Cincinnati, dont il détenait les trophées. La donne, elle, est simple : une victoire de plus de Nadal dans l'Ohio va réduire le délai d'une semaine. Autrement dit, s'il bat Novak Djokovic, en demi-finale dans la nuit de samedi à dimanche, il sera certain d'être n°1 le 11 août. S'il gagne le tournoi, l'Espagnol n'aura plus qu'à patienter quelques heures pour que son nouveau statut soit officiel.
Cinq victoires en cinq tournois
Même si, aux yeux d'une partie du public et dans les têtes des deux principaux concernés, le constat avait déjà été dressé. L'équilibre des forces avait complètement basculé depuis le début de l'année. Chassé de "chez lui" en janvier à Melbourne, dont il était tenant du titre, Federer a poursuivi sa saison sur cette mauvaise pente. Lui qui, lors des trois dernières années, avait remporté au moins 8 titres par saison (dont au minimum 2 Masters Series et un Grand Chelem), n'est parvenu à s'imposer qu'à Estoril et à Halle. Le Suisse n'a surtout jamais réussi à battre Nadal en quatre confrontations cette année (Monte-Carlo, Hambourg, Roland-Garros, Wimbledon), craquant sur un gazon londonien devenu maudit. Dans les minutes qui suivirent la finale épique de Wimbledon, le Majorquin avait estimé que «Roger est toujours le n°1, toujours le meilleur. Il a gagné cinq titres ici, moi je n'en ai qu'un». Une semi-vérité.
Habitué à l'hégémonie de Federer, le circuit a été dominé par l'ogre majorquin, qui n'a laissé que des miettes aux autres cet été. Nadal a remporté les cinq derniers tournois dans lesquels il était en lice. Il est à deux doigts de poursuivre cette série à Cincinnati. Mais son résultat dans l'Ohio va vite devenir secondaire. Car l'enjeu, désormais, va être de conserver cette place de n°1. Federer a réussi à le faire pendant 235 semaines (record absolu), auxquelles vont peut-être s'ajouter une ou deux semaines supplémentaires en fonction du résultat de Cincinnati. Pour Nadal, qui détient lui le record de longévité comme n°2 (un peu plus de trois ans), jouer le rôle de la proie après avoir été le chasseur ne sera pas facile. Le Majorquin en a conscience : «Je n'ai pas le temps d'en profiter, car mon but est de continuer à être au sommet, et l'être encore aux Jeux Olympiques et à l'US Open». C'est en effet à Pékin et New York que l'on saura si le règne de Nadal n'est qu'un intermède ou une nouvelle ère.